N°9608
PARIS, le 20 juin 2026
À Paris, un policier filmé en train de gifler un interpellé menotté : deux enquêtes ouvertes
Par Vincent VICTOR le

Filmez la police, répète-ton inlassablement. Car la scène a failli passer inaperçue. Sur les images captées par un habitant ce dimanche 21 juin à 9h, rue Jean Baptiste Say, dans le IXe arrondissement, un homme est interpellé par trois policiers qui le menottent. Lorsque l'homme traite de « merde » le brigadier-chef qui fouille son sac, ce dernier se relève, lance « tu m’insultes ? » et le frappe, main ouverte et gantée, au visage.

« Je vais t'apprendre à m'insulter »

Menotté dans le dos et maintenu par deux autres policiers, qui ne réagissent pas, l’homme est alors en totale incapacité de se défendre. Quelques secondes après, le brigadier crie : « Tu veux faire le mec ? Je vais t’apprendre à m’insulter. »

ViolencesPolicieres.fr a pu consulter l’intégralité de la vidéo d’une durée de 5mn58, captée par un habitant. Elle commencerait peu après l’interpellation, selon son auteur, et s’arrête après le placement de l’interpellé dans le véhicule de police. Sur l’ensemble de la séquence, ce dernier apparaît difficile à menotter mais ne fait aucun geste brusque ou violent, et semble surtout s’inquiéter du devenir de son sac à dos.

Deux enquêtes ouvertes

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour violences par personne dépositaire de l’autorité publique, confiée au service de déontologie, de synthèse et d’évaluation de la préfecture de police de Paris (SDSE). Le service communication de la police nationale a, de son côté, confirmé l'ouverture d'une enquête administrative. Les agents mis en cause sont présumés innocents.

Trois passages de la piste audio contenant les réactions des témoins ont été retirés à leur demande. Ils ne contiennent aucun propos de la part des policiers ou de la personne interpellé. Le visage de la personne entravée est flouté en vertu de l’article comme l’exige la loi. Les visages des forces de l’ordre sont également floutés par simplicité technique.

L’outrage à une personne dépositaire de l’autorité publique est puni d’an d'emprisonnement. Les violences commises par une personne dépositaire de l'autorité publique sont punis de trois ans d'emprisonnement.

Pièces
9608 Vidéo anonymisée
Source: Témoin
Contexte
Violences policières quotidiennes
205 signalements
Voir sur la carte
Contexte
Ville
Paris
Lieu
rue Jean Baptiste Say
Heure
09:05
Juridique
Problèmes
Claque portée sur une personne menottée et maintenu par des collègues, en réponse à des outrages, selon un emploi de la force sans nécessité et disproportionné au déroulement de l'interpellation
Auteurs / Impliqués
Brigadier-chef de la police nationale (préfecture de police)
Police Nationale
Poursuites
  1. 25 juin 2026
    Ouverture d'une enquête administrative
  2. Ouverte d'une enquête judiciare pour violences par personne dépositaire de l'autorité publique, confiée au SDSE de Paris
    26 juin 2026
Signalement
ID Unique
9608
Statut
Vérifié
Doublons
Unique
Source
Mise à jour
26 juin 2026

649
Victimes graves recensées ayant nécessité une prise en charge médicale ou gardé des séquelles, plus de 1 victime sur 10.
Victimes graves 
8 222
Victimes et faits recensés de violences et d'abus policiers recensés depuis 2018 en France.
Signalements récents 
8 241
Lieux de vie informels expulsés par les forces de l'ordre depuis 2018 en France.
27 500
Victimes estimées de violences policières pour les seules manifestations Gilets Jaunes et Retraites.