Violence grave N°8605
SAINT-DENIS, le 14 novembre 2017
7 ans après, un policier de la Plaine-Saint-Denis condamné pour violences
Par Vincent VICTOR le

« Vous êtes dans un déni total de la situation », tonne sévèrement la présidente au policier Jérôme V, ce jeudi 6 mars 2025 au tribunal de Bobigny. Plus de 7 ans après les faits et après un premier classement sans suite, le brigadier, depuis promu major de police, a été condamné à 12 mois de prison avec sursis pour avoir, en 2017 dans le quartier de la Plaine-Saint-Denis (Saint-Denis), violenté Armando, 17 ans, en marge d’une interpellation difficile.

Le mineur, accusé d’outrage, avait alors été poursuivi et plaqué au sol par le policier, qui l'aurait ensuite frappé d’une multitude de coups-de-poing dans le véhicule le ramenant au commissariat puis dans le local de fouille, avant d'être remis à sa mère, les agents jugeant n'avoir finalement pas assez d'éléments pour le placer en garde-à-vue.

Mais à l'audience comme durant les longes années de procédure, le policier nie en bloc. Pour lui, le jeune se serait blessé en tombant seul. Sa mère, qui dit avoir été dissuadée de portée plainte en découvrant le « visage tuméfié » de son fils au commissariat, mentirait. Et au centre de l'attention, ces quelques mots qu'aurait glissés le fonctionnaire à Armando durant les violences : « Ça, c’est pour Cyril », du nom d'un autre policier du commissariat gravement agressé trois mois auparavant et dont, malgré une couverture médiatique nationale et ses 11 ans d'ancienneté, Jérôme V. assure n'avoir jamais entendu parler.

Face aux dénégations « imprécises et très contradictoires » du fonctionnaire, le tribunal n’a « absolument pas été convaincu ». Celui-ci est également condamné à verser 3000€ à la victime ainsi que 800€ à mère au titre du préjudice moral. Son avocate Me Estelle CAMUS envisage de faire appel.

Victime
Genre
Homme
Partic.
PassantPassant
Blessures
Multiples echymoses au visage, ecchymose derrière la tête et hématome à la jambe droite suite à des coups-de-poing multiples (accusation)
Larges érraflures/plaies à la tempe droite suite à l'interpellation / au plaquage
Suites
Arrestation, puis urgences par moyens propresHôpital (moyens propres)Arrestation
Violence grave #8605 du 14 novembre 2017

Cause

Coups de poing, coups de pied 
Coups de poing, coups de pied
32
victimes graves
recensées sur le site depuis mars 2019.
263
victimes
recensées sur le site depuis mars 2019.
42%
frappées à la tête
parmi les victimes recensées.
La complexité et multiplicité des moyens policiers répressifs (charges, foule, gaz…) compliquent souvent l'identification par les victimes de la cause de leur blessure.

Cause

Violence disproportionnée 
Violence disproportionnée
777
faits recensées sur le site depuis mars 2019.

Contexte

Violences policières quotidiennes 
Violences policières quotidiennes
SAINT-DENIS
Contexte
Lieu
Arrêt de bus Église de La Plaine
Heure
19:00
Juridique
Problèmes
Violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique (condamnation)
Auteurs / Impliqués
Jérome V., brigadier au commissariat de la Plaine-Saint-Denis
Police Nationale
Poursuites
  • 6 mars 2025
    Condamnation par le tribunal de Bobigny à 12 mois de prison avec sursis et à l'indémnisation de la victime (1500e de préjudice physique, 1500e de préjudice moral, 800e de préjudice moral de la mère) pour violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique
Signalement
ID Unique
8605
Statut
Vérifié
Doublons
Unique
Mise à jour
14 mars 2025

619
Victimes graves recensées ayant nécessité une prise en charge médicale ou gardé des séquelles, plus de 1 victime sur 10.
Victimes graves 
7 452
Victimes et faits recensés de violences et d'abus policiers recensés depuis 2018 en France.
Signalements récents 
5 646
Lieux de vie informels expulsés par les forces de l'ordre depuis 2018 en France.
27 500
Victimes estimées de violences policières pour les seules manifestations Gilets Jaunes et Retraites.